L’ESJ Paris a reçu Pascal Praud, journaliste et animateur emblématique de CNews et Europe 1. Entre deux directs d’émissions, il a pris le temps de venir échanger avec nos futurs journalistes.
Pascal Praud anime 1000 heures de direct par an : un journalisme « populaire », qu’il perçoit comme une « caisse de résonance » plutôt qu’un moteur d’opinion, au service d’une majorité silencieuse. « L’ADN populaire sert dans ce métier, il me semble. J’essaie toujours de proposer des sujets qui correspondent à ce que sont les gens, de me mettre à leur place. Sinon ça ne marche pas », affirme-t-il.
« Je crois être honnête dans ma démarche, je n’ai pas le goût de la duplicité. En revanche, j’ai un esprit de contradiction par nature, et par profession. Il me semble qu’un journaliste doit apporter la contradiction, porter les sujets avec un esprit critique. » Mais « les gens n’ont pas besoin de moi pour penser comme ils pensent », ajoute-t-il.
Il revendique un journalisme qui ne prétend pas à la neutralité absolue mais à l’honnêteté. « Le job d’un journaliste, c’est de témoigner de la réalité, point. Et d’être à l’écoute. Il ne faut censurer personne. »
Pascal Praud insiste sur la nécessité de rendre le débat accessible, en utilisant un langage clair, des métaphores efficaces (« ouvrir le capot »), et en n’hésitant pas à demander des explications pour que le téléspectateur comprenne. Cette pédagogie est pour lui un devoir fondamental.
Il lâche avec autodérision : « Un journaliste, c’est un voleur. D’idées et d’opportunités. Dès que je trouve quelqu’un qui dit quelque chose de plus intelligent que moi – ce qui arrive souvent – ou une idée intéressante, je prends ! Je m’adapte, je peux changer d’avis en permanence. » C’est un métier « où l’on ne sait pas toujours si on est bon, mais où l’on sait très bien quand on est mauvais, et ça arrive bien sûr ».
Il raconte aimer « faire naître de l’émotion, créer de la complicité » dans les studios. Et conclut ainsi : « Tous les métiers ne procurent pas du plaisir. Dans une rédaction, ça existe. On y côtoie des gens d’un bon niveau, les échanges sont permanents, on s’entraide, la hiérarchie repose sur la crédibilité et l’estime. C’est un bel endroit ! »






















